« L’ACV est une méthode d’évaluation normalisée (ISO 14040 et 14044) permettant de réaliser un bilan environnemental multicritère et multi-étape d’un système (produit, service, entreprise ou procédé) sur l’ensemble de son cycle de vie : depuis l’extraction des matières premières jusqu’à son recyclage ou son élimination, en passant par le transport et l’utilisation. »*
Elle permet d’avoir les ordres de grandeur d’impact des différentes étapes (par exemple l’usage – c’est à dire la consommation électrique dans le cadre du luminaire – s’avère largement prépondérant dans notre secteur) et de comparer objectivement plusieurs options en écoconception (inox ou acier peint par exemple).
La comparaison entre produits est moins aisée et pas toujours pertinente car les méthodes de calcul et bases de données sous-jacentes ne sont pas systématiquement identiques.
Notre secteur est régi par l’association PEP Ecopassport® qui nous donne la possibilité de certifier les Profils Environnementals Produits (PEP) et de les publier sur la base INIES.
Étymologiquement « carbone issu de la vie », il s’agit du carbone non issu de ressources fossiles comme le pétrole, le charbon ou le gaz.
Cela concerne donc concrètement le carton, le bois voire le plastique issu des plantes comme le maïs. Le carbone biogénique est pris en compte dans les calculs des ACV car il stocke le carbone.
Concrètement pour les calculs réalisés pour les luminaires, il intervient surtout au niveau des emballages.
Le CO₂ est un puissant gaz à effet de serre contribuant largement au réchauffement climatique en cours. Dans les calculs d’impact environnementaux, il est souvent évoqué un ‘’équivalent CO₂’’ car le réchauffement climatique est également généré par d’autres gaz à effet de serre comme le méthane : il sert de référent et même d’unité de calcul.
Dans l’éclairage, la plus grande partie des émissions de CO₂ (donc concernant l’impact sur le réchauffement climatique) provient de la phase d’usage des luminaires : cette proportion dépend notamment de l’architecture de luminaire, de son utilisation, du mix énergétique et de sa durée de vie.
Les luminaires font partie des équipements concernés par la directive européenne DEEE (2012/19/CE). Elle impose leur collecte, traitement et recyclage en fin de vie pour limiter leur impact sur l’environnement.
En France, ce sont les éco-organismes Ecosystem et Ecologic qui assurent cette mission. Une éco-contribution est incluse dans le prix d’achat de produits neufs pour financer la collecte et la valorisation des matériaux (plastiques, métaux…).
Les produits ont plusieurs types d’impacts sur l’environnement, mesurés selon les critères définis par l’association PEP Ecopassport® dans l’annexe C du PCR éd. 4 pour les produits électriques.
Dans le cadre d’une Déclaration Environnementale Produit créée dans le cadre de PEP Ecopassport®, sont calculés :
Une difficulté dans la comparaison d’ACV entre produits – outre les différences de méthode de calcul et de bases de données sous-jacentes – est de déterminer quel impact comparer (très souvent limité au réchauffement climatique).
Sont considérés comme d’occasion « les biens qui, à un stade quelconque de la production ou de la distribution, sont entrés en la possession d’une personne pour son usage propre, par l’effet de tout acte à titre onéreux ou à titre gratuit, ou ont subi des altérations qui ne permettent pas leur mise en vente comme neufs ». (Article L.321-1 alinéa 2 du Code de commerce)
Les PCR (Product Category Rules) et PSR (Product Specific Rules) sont définies par PEP Ecopassport® et définissent les règles à suivre pour réaliser une déclaration environnementale (PEP/EPD) fiable et comparable entre produits.
Leur objectif : garantir des évaluations environnementales cohérentes, faciliter la comparaison entre produits similaires et assurer la transparence selon la norme ISO 14025.
Un produit ou une pièce détachée d’occasion peut être qualifié de « produit reconditionné » ou être accompagné du terme « reconditionné », dès lors que les conditions suivantes sont réunies :
Le reconditionnement exclut les améliorations techniques de luminaires comme le remplacement d’une technologie fluorescente à une technologie LED.
Recyclage : « toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. Les opérations de valorisation énergétique des déchets, celles relatives à la conversion des déchets en combustible et les opérations de remblaiement ne peuvent pas être qualifiées d’opérations de recyclage ». (Article L541-1-1 du code de l’environnement)
Le réemploi consiste à utiliser de nouveau un produit ou un composant dans son état initial, pour le même usage qu’à l’origine, sans le transformer.
Cela permet d’éviter que des objets en bon état deviennent des déchets et limite la production de nouveaux produits, réduisant ainsi l’impact environnemental.
Avant d’être remis en circulation, un produit peut subir une préparation au réemploi :
Par exemple, un luminaire déposé en déchetterie ou collecté peut être récupéré, vérifié et remis en état pour être réutilisé sans modification majeure.
Changer la lampe d’un luminaire par une lampe équivalente, à ne pas confondre avec le remplacement du luminaire complet. Une lampe est une source lumineuse avec un culot normalisé.
C’est un processus industriel qui transforme un luminaire usagé en un « nouveau » produit en modifiant au moins un aspect important (sécurité, performances, usage).
L’opérateur qui réalise cette opération est responsable de la conformité et doit garantir le marquage CE.
Il doit aussi s’assurer que le luminaire remanufacturé respecte les exigences du maître d’ouvrage.
Pour remanufacturer, l’opérateur doit généralement être propriétaire des anciens luminaires ou en avoir obtenu les droits.
Remplacer des composants anciens par des composants plus récents, souvent en changeant la technologie, sans modifier la fonction du luminaire.
Objectif : améliorer un luminaire existant tout en respectant ses performances photométriques et fonctionnelles.
Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés de nouveau. (Article L. 541-1-1 du code de l’environnement)
Par exemple :
Différence avec le réemploi :
Phénomène consistant à transférer des impacts environnementaux d’une étape du cycle de vie à une autre étape ou d’un critère à l’autre. Par exemple, utiliser du polycarbonate/PMMA recyclé pour un diffuseur : cela diminue l’impact au niveau de la fabrication (avec l’utilisation de matière recyclée) mais la transmission lumineuse ne sera pas aussi bonne qu’avec de la matière vierge donc cela diminuera l’efficacité énergétique (donc augmentera la consommation électrique et l’impact de la phase d’utilisation).
« Performance quantifiée d’un système de produits, destinée à être utilisée comme unité de référence dans une ACV » selon la norme ISO 14044. Les unités fonctionnelles permettent de « ramener » les différents produits à la même fonction (ce à quoi sert le produit) et donc de pouvoir les comparer.
Il n’est pas pertinent en effet de comparer les impacts environnementaux sans homogénéisation d’un luminaire avec une électronique de faible qualité non réparable de 7W en carton et plastique (faible puissance et à courte durée de vie) avec un autre maintenable de 50W en métal et verre (forte puissance et à très longue durée de vie).
Les unités fonctionnelles définies dans le PSR014 sont par exemple de 1000 lm et 35 000 h.
Dans le domaine de l’éclairage, up-cycler signifie réutiliser des éléments anciens (comme des luminaires, pièces métalliques ou matériaux usagés) pour créer de nouveaux produits esthétiques et fonctionnels, souvent de meilleure qualité ou à plus forte valeur ajoutée. C’est une façon de concilier design, durabilité et innovation.
Up-grader, c’est améliorer les performances ou le confort d’un équipement existant. Pour l’éclairage, cela peut consister à moderniser une installation avec des technologies plus efficaces (comme le passage aux LED), ou à optimiser un système pour plus de confort, d’économie d’énergie ou de connectivité.
*Source : AFE (Association française de l’éclairage) et Syndicat du luminaire
Éclairage et économie circulaire lexique commenté