Dans un contexte de sobriété énergétique, de préservation des ressources et de diminution des déchets, il est primordial de maximiser la durée d’usage des luminaires.
Prolonger la vie du matériel d’éclairage, c’est à dire leur offrir une seconde vie, permet non seulement de réduire l’impact environnemental mais aussi de limiter les coûts liés au remplacement et à la maintenance, cette démarche doit être pensée dès la conception de l’objet.
De nombreuses solutions existent pour prolonger leur usage, adaptées à chaque projet : réparation, l’adaptation technologique ou réaffectation à de nouveaux usages.
La réparabilité de la solution d’éclairage doit être pensée dès la phase d’éco-conception et avant même de travailler sur l’allongement de la durée d’usage. Une casse ou un dysfonctionnement est une réalité quotidienne du marché (les taux de défaillance des drivers et led sont estimés à environ 10% sur leur durée de vie annoncée) et il est important que le fabricant puisse garantir l’accès rapide à la notice de maintenance et la disponibilité sur un temps long des pièces détachées à des prix « raisonnables ».
Si un EEE (Equipement Electrique et Electronique) se voit directement offrir une seconde vie sans passer par le statut de déchet, il s’agit d’un réemploi. Dans ce cas, il ne passe pas par le stade de collecte.
Définition du réemploi
“ Toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus. ”
Article L541-1-1 du Code de l’environnement
L’évolutivité prend tout son sens dans cette période de transition technique avec le passage à la LED. Le rétrofit permet de moderniser un système d’éclairage par le remplacement des sources lumineuses obsolètes, défectueuses ou énergivores.
Pour réussir un projet de rétrofit, il est d’abord essentiel d’identifier le type de luminaire (fluorescent, halogène, incandescent, etc.), de vérifier la compatibilité optique et mécanique avec de nouveaux composants et d’évaluer l’état du boîtier, du diffuseur et des fixations pour s’assurer qu’ils sont encore utilisables.
Il faut ensuite choisir la bonne technologie de remplacement, passer aux LED (car plus économes et durables que les sources traditionnelles) et opter pour des modules LED remplaçables plutôt que des LED non réparables. Ne pas oublier de vérifier la répartition du flux lumineux, l’éblouissement, la température de couleur et l’indice de rendu des couleurs (IRC) pour conserver une qualité d’éclairage similaire pour le confort de l’utilisateur. Bien respecter également les contraintes thermiques ainsi que la conformité réglementaire (voir ci-dessous « Que dit la règlementation ? »).
Il est essentiel d’accompagner ce service par la mise à disposition d’un guide explicatif clair et simple, par une assistance technique ou encore par la mise à disposition de kits de rétrofit faciles à installer. Enfin, il est important de rassurer l’utilisateur (ou client) par des garanties sur les nouveaux composants.
Le reconditionnement consiste à remettre en état un luminaire déjà utilisé (nettoyage, remplacement de pièces, mise à jour technique ou esthétique) pour lui donner une seconde vie.
Il n’y a pas de transformation de la matière première, le luminaire est conservé dans sa forme initiale après inspection, réparation et nettoyage.
Un contrôlé qualité permet de vérifier son bon fonctionnement et de le certifier conforme avant la remise à la vente.
En France, nous avons réalisé des avancées significatives en matière d’allongement de durée d’usage des luminaires. Il est désormais essentiel d’accélérer les efforts collectifs, avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.
L’enjeu est d’aller plus loin dans la logique de circularité en développant des boucles plus courtes afin de favoriser la rétention de valeur au sein de la filière et de renforcer sa résilience économique et environnementale.
Depuis le 1er janvier 2022, l’article 58 de la loi AGEC impose des critères environnementaux aux achats publics de lampes et lampadaires pour favoriser l’économie circulaire dans les marchés publics et inciter à acheter du matériel réparable, en matière recyclée ou reconditionné.
https://www.ecologie.gouv.fr/article_58_loi_agec.pdf
Déployé en France depuis 1er janvier 2021 sur plusieurs catégories de produits, cet outil (une note sur 10) vise à pousser les fabricants à produire des objets plus réparables et à donner une meilleure information au consommateur pour orienter les comportements d’achat vers des produits plus fiables, moins sujets aux pannes et à la casse et plus facilement réparables. C’est un outil pour lutter contre l’obsolescence – programmée ou non – et éviter la mise au rebut trop précoce des produits.
En 2025, l’indice de durabilité remplace progressivement l’indice de réparabilité et comprend de nouveaux critères. Son calcul est basé sur deux familles de critères : certains relatifs à la réparabilité des équipements (accessibilité de la documentation technique, la facilité de démontage, la disponibilité et les prix des pièces détachées) et d’autres relatifs à la fiabilité (résistance aux contraintes et à l’usure, facilité de la maintenance et de l’entretien, existence d’une garantie commerciale et d’un processus qualité).
https://www.ecologie.gouv.fr/indice-durabilite